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Haute tension
Cette page aborde la question de l'impact des lignes à haute tension sur l'environnement, et des litiges liés à leur implantation. Etude du cas particulier du Quercy.
Extrait de l'ouvrage "Résistez! Les vraies raisons de lutter, les outils pour se faire entendre", par Emmanuel Hussenet - Village éditions.
Le cas d’école du Quercy
À Cahors, dans le Lot, on n’aime pas les lignes à haute tension. Et c’est peu dire. L’aversion populaire pour ce genre d’excroissance – fût-elle du modèle « fougère » ou « roseau » au design pourtant du meilleur goût – est telle que les associations d’opposants durent se rassembler dans une coordination pour arriver à se dénombrer elles-mêmes. Plus qu’un village, qu’une vallée ou qu’un canton, c’est un département entier qui se soulève, uni par la volonté de sauver sa campagne d’une irréparable profanation. Le Quercy blanc devrait être traversé par la ligne à très haute tension, dont le rôle officiel est le « renforcement électrique de Cahors », ville qui n’en demande pas tant, puisque la seule réfection du réseau en place assurerait l’approvisionnement pour les décennies à venir. Or, cela fait plus de dix ans que ce projet revient à la charge…
De quoi s’agit-il ?
Une ligne THT (225 kilovolts) devrait rejoindre Cahors à partir du Tarn-et-Garonne après avoir traversé le Quercy blanc. Or, cette ligne est manifestement inutile : EDF elle-même affirme que les trois lignes HT déjà existantes ont une capacité totale de 165 mégawatts, ce qui dépasse largement les besoins, qui n’excèdent pas 100 mégawatts en période de pointe. Si chacun admet la nécessité d’assurer une bonne alimentation électrique de Cahors, force est de constater que la modernisation des trois vieilles lignes à haute tension (63 kilovolts) – plus de 50 ans d’âge – réduirait considérablement les pertes observées actuellement sur le réseau. La quantité d’électricité souhaitable serait ainsi assurée pour les trente à cinquante prochaines années, y compris pour les nouvelles entreprises désireuses de s’installer dans le Quercy. Les microcoupures constatées sont dues à une déficience du réseau de distribution secondaire, et non à l’absence de THT. Alors, pourquoi une nouvelle construction ?
Les promoteurs de la THT affirment vouloir construire « bien au‑delà de 2015 », alors qu’on sait très peu de choses des besoins à cet horizon. Cette ligne porterait à quatre fois l’offre d’électricité requise par l’agglomération en période de pointe. Des rumeurs circulent : certaines personnalités politiques chercheraient à faire venir des industries gourmandes en électricité, tandis que la direction régionale d’EDF exercerait des actions de lobbying sur les collectivités locales, ferait des promesses d’argent aux élus et proposerait de financer la réfection du réseau basse tension si la THT était construite. Toujours est-il que les associations ont de bonnes raisons de se demander à qui profite le projet tel qu’il est actuellement maintenu. Notons aussi qu’EDF continue à promouvoir le « tout-électrique » dans les maisons individuelles et jusque dans les logements sociaux de Cahors.
Les pro-THT :
EDF et ses alloués (au premier rang desquels RTE), le conseil général du Lot, la DRIRE (ministère de l’Industrie), la préfecture et la chambre de commerce et d’industrie du Lot arrivent en tête des défenseurs de la nouvelle ligne. Suivent les habitants de Cahors persuadés que la construction d’une THT mettra un terme aux microcoupures, alors que ces dernières sont exclusivement liées à la qualité du réseau de distribution basse et moyenne tension. Beaucoup imaginent également que l’implantation de nouvelles entreprises dépend de ces travaux, et que les « écolos du Quercy blanc » nuisent aux bénéfices que la ville en retirerait.
Le défenseur le plus redoutable du projet – et le plus honnis par les opposants – a sans doute été le préfet du Lot, M. Sappin. Ce dernier a annoncé le 15 octobre 1999 qu’il relançait le projet de construction de la nouvelle ligne, alors que le rapport technique qui devait justifier cette décision, rédigé par EDF elle-même, n’a même pas été rendu public. Quelques semaines après la décision administrative, le préfet Sappin était nommé ailleurs…
Le 18 février 2000, à la suite de cette réactivation du projet, la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) adresse une demande de saisine à la Commission nationale du débat public, laquelle refusera d’organiser un débat public en raison du caractère local et non national du projet. La CNDP encouragera toutefois l’organisation d’une concertation par les administrations départementales.
Les anti-THT :
Se sont prononcés contre le projet : le conseil régional de Midi-Pyrénées, le conseil général de Tarn-et-Garonne, la municipalité de Cahors, les Marches du Sud-Quercy (46 communes), les syndicats viticoles et agricoles (FDSEA, Confédération paysanne et CDJA), la plupart des intercommunalités de la zone, plusieurs dizaines d’associations, la totalité des maires et conseillers généraux impliqués, et enfin la population. Ajoutons aux « anti », le cabinet de Corinne Lepage, qui est sollicité pour le conseil juridique.
Inutile, coûteux, opaque, ce projet n’a rien pour plaire… Les opposants rappellent que la première industrie du Lot est le tourisme, et que le Quercy blanc y est pour beaucoup. L’idée qu’une zone doive demeurer préservée pour accroître sa richesse en valorisant cette particularité est très souvent reprise par les associations. Des études avancent que les régions qui bénéficient d’attraits environnementaux forts connaîtront un vif accroissement démographique. Non seulement les gens « retournent au pays », mais aussi beaucoup de citadins qui s’installent à la campagne choisissent ces régions, accompagnés par les citoyens britanniques, belges, allemands et surtout hollandais, pour lesquels la France est le premier pays d’accueil à l’expatriation. Ces Européens du Nord ne font pas que passer leurs vacances dans la campagne française : beaucoup parmi eux s’y installent définitivement.
Même si des habitants de Cahors soutiennent l’action associative, la plupart des groupes actifs sont purement ruraux. Les maires des communes situées sur le plateau du Quercy blanc font preuve de solidarité, qu’ils soient du Lot ou de Tarn-et-Garonne. On constate par ailleurs que les habitants de Tarn-et-Garonne se trouvent en quelque sorte « pris en otage » d’une décision qui ne leur appartient pas, puisque le fait d’accueillir une partie de la nouvelle ligne de transport électrique dépend de ce qui sera discuté à Cahors. D’où le soutien appuyé des conseillers généraux de Tarn-et-Garonne aux associations lotoises, par lesquelles passe leur seul moyen de pression sur leurs homologues du département voisin.
Lorsque les associations deviennent trop nombreuses, leurs actions ne peuvent plus se coordonner et l’urgence d’une organisation commune se fait ressentir. Les opposants, dès 1990, se sont alors fédérés autour de deux groupes :
- La Coordination anti‑THT : créé par Charles Farreny, président de Quercy blanc Environnement, ce collectif d’opposants rassemble les associations qui ont vu le jour tout le long des 22 collectivités territoriales menacées par le fuseau.
- Le GADEL (Groupement associatif de défense de l’environnement dans le Lot) : créé en 1983 par Jacques Philbert, le GADEL s’applique à fédérer toutes les associations départementales de défense de l’environnement en conflit avec les pouvoirs publics. Le département du Lot est en effet menacé par de nombreux autres projets, notamment des porcheries industrielles, des carrières et des infrastructures routières.
Le recours à l’expertise :Alors que le préfet Sappin qualifiait les mouvements contestataires de « ramassis d’intégristes », les « intégristes » décidèrent de commander une étude auprès d’un expert indépendant. Cette étude relative au projet de ligne THT envisagée par EDF fut menée par M. Daniel Depris entre avril et août 2000. Elle coûta 80 000 francs, payés conjointement par le conseil général de Tarn-et-Garonne (alors que le projet, rappelons-le, est défendu par le conseil général du Lot), deux communautés de communes, le Syndicat de défense des vins de Cahors et plusieurs associations dont Quercy blanc Environnement. Voici les conclusions de l’étude :
1- Le projet de ligne THT n’est pas valablement justifié. La puissance qui est susceptible d’être transportée par une ligne 225 kilovolts à deux circuits est totalement disproportionnée si l’on considère les besoins prévisibles de la zone de Cahors pour les prochaines décennies.
2- L’impact négatif d’un tel ouvrage, en termes d’environnement, de sécurité et de santé, serait considérable, quel que soit le « fuseau » envisagé.
3- L’impact économique serait également très important pour une région qui vit essentiellement des activités touristiques et viticoles.
4- La consommation électrique du département du Lot en général, et de la zone de Cahors en particulier, peut être stabilisée et même réduite assez sensiblement, en mettant en œuvre une politique cohérente de maîtrise de l’énergie et de diversification des moyens de production et des sources d’approvisionnement en énergie. […]
5- La diversification de la production et la mise en place d’une politique de maîtrise de la consommation énergétique est de nature à dynamiser certains secteurs de l’économie régionale et de créer un nombre conséquent d’emplois durables et dynamisants.
6- On améliorera encore la situation en rénovant la plus vulnérable des trois lignes HT qui alimentent le poste de Cahors. […]
7- Un renforcement de l’axe Montauban-Cahors-Souillac pourrait aussi être assuré dans la partie sud de cet axe, entre Montauban et Cahors. On devrait notamment assurer le bouclage des réseaux HT entre les postes existants de Lauzerte et de Sainte-Alauzie, ainsi qu’entre ceux de Lexos et de Saint-Antonin.
8- Le fait d’abandonner le projet de ligne THT permet, en outre, de faire l’économie d’un nouveau poste THT/HT au sud de Cahors (superficie de 3 hectares) soit, aux conditions économiques actuelles, plus d’une centaine de millions de francs.
En conséquence de quoi, nos requérants se trouvent parfaitement fondés à rejeter purement et simplement le projet présenté et défendu par EDF et le ministère de l’Industrie, et d’intenter toute action publique, politique ou juridique visant à obtenir l’abandon de ce projet.
Toulouse, le 22 août 2000
Daniel Depris - Expert agréé.Peu de temps après, furieux de ce résultat et refusant de le prendre en considération, le conseil général du Lot décide de commander sa propre étude… L’expertise est confiée à un bureau proche d’Alstom, groupe que l’on sait engagé vis‑à‑vis d’EDF dans la construction des lignes à haute tension. Il en coûta 300 000 francs au département. Malheureusement pour les commanditaires, les résultats de cette seconde étude ne contiennent aucun élément susceptible d’introduire une controverse sérieuse aux conclusions de M. Depris.
On voit là que l’expertise est un élément majeur pour prouver la bonne foi des associations. Après un tel résultat, il devient difficile pour les pouvoirs publics de soutenir leur thèse, et toute décision imprudente serait immanquablement suivie d’un recours devant le tribunal administratif avec de fortes chances de succès pour les requérants. Malheureusement d’un coût prohibitif pour les associations seules, l’expertise approfondie nécessite le soutien d’entreprises, de syndicats ou de communes. Les rivalités d’ordre politique (conseil général à gauche du côté du Lot, à droite, en Tarn-et-Garonne) peuvent également être utilisées à bon escient.
Des actions sur toute la ligne :
Le Lot est l’un des rares départements où la question de la protection de l’environnement en milieu rural a déplacé les foules. Les associations anti‑THT étaient déterminées à alerter l’opinion publique et ont pour cela établi un calendrier d’initiatives : la plus tonitruante et la plus colorée d’entre elles fut la manifestation du printemps 1997, qui rassembla 5 000 personnes dans les rues de Cahors, dont 100 élus. Se retrouvèrent à cette occasion « ceux des vallées » et « ceux des plateaux », ruraux de souche et « néo », résidents européens, musiciens et cavaliers.
En janvier 2001, à la suite de la relance du projet par le préfet Sappin, les opposants organisèrent une démonstration baptisée Pylauto : 115 voitures, numérotées pour symboliser les 115 pylônes prévus, suivirent au plus près le tracé présumé de la ligne jusqu’à Cahors. Dans le sillage du cortège, paradaient des véhicules aux couleurs des productions agricoles locales : vin, melon, truffe, vache blonde d’Aquitaine et palmipèdes gras étaient du voyage…
Le 11 décembre 1999 était planté, au point de départ officiel de la ligne, le premier « arbre du refus ». La plantation du 115e arbre eut lieu le 9 mars 2002, date fixée pour la « journée des Arbres du refus ». Cette ligne verte aura été réalisée avec la complicité des maires des communes et des propriétaires des terrains menacés, sous la direction de Quercy blanc Environnement qui fournissait les plaques commémoratives. L’association proposait plusieurs types d’arbres rustiques, parmi lesquels l’orme, l’érable ou le peuplier. Est-ce un hasard si celui qui fut le plus souvent choisi fut le sapin… ?
Aujourd’hui…
La procédure de classement d’utilité publique n’est toujours pas déclenchée. Le ministre de l’Industrie remet la décision entre les mains du prochain gouvernement. Si la ligne THT est effectivement décidée après douze années de lutte, alors que les expertises en ont clairement démontré à la fois l’inutilité et l’aspect délétère pour le département, les associations redoutent des réactions populaires qu’elles ne pourront plus contrôler.
Si tu ne viens pas à la Cardère…
Le GADEL est « le Groupement associatif de défense de l’environnement du Lot, dont les membres sont des associations très diverses au service de la défense de l’environnement, la sauvegarde du patrimoine départemental, de la qualité de vie et de la santé publique, la protection de la nature, la promotion du débat public et l’exercice de la citoyenneté ». L’association a pris pour emblème la cardère, espèce de grand chardon hérissé de piquants. Entretien avec Jean Masson, président par intérim du GADEL :
Pourquoi le GADEL ?
Notre association trouve son origine dans la multiplication des agressions sur l’environnement dont le département du Lot est victime. En plus de la THT du Quercy blanc, nous sommes assaillis par des projets d’élevages hors sol et de carrières, notamment dans le Frau où trois associations se battent contre une carrière de quartz, projet refusé par les experts mais autorisé par le fameux préfet Sappin, dont la nomination dans notre département fut particulièrement lourde de conséquences. En outre, la vie associative, ce n’est pas facile. Jacques Philbert, président du GADEL, a simplement pensé qu’il fallait se regrouper pour être plus efficace. C’est à son travail, à son implication permanente que nous devons d’exister.
La personnalité du président est-elle un élément déterminant au maintien d’une coordination active ?
Oui, absolument, mais le rôle du président n’est pas envié. Nous n’avons que des associations pour adhérents – 5 au départ, 28 à présent –, et c’est parmi elles que nous devons chercher un président pour prendre la relève. Les candidatures sont rares car chacun a déjà beaucoup à faire ! Je n’ai fait que remplacer Jacques Philbert à un moment où il a éprouvé le besoin de prendre du recul. Le problème du GADEL, c’est que tout repose sur une même personne, et que les associations adhérentes lui demandent beaucoup. Ici, il y aurait du travail pour deux personnes à temps plein !
…et vous n’avez aucun employé ?
Aucun ! Les associations que nous fédérons rassemblent environ 3 000 adhérents au total, lesquels versent une cotisation minime à leurs associations qui, elles, ne peuvent guère cotiser au GADEL pour une somme qui lui permettrait d’embaucher. Nous sommes une association agréée dont l’aire d’action s’étend à tout le département du Lot. En toute logique, nous pourrions solliciter des subventions auprès du conseil général. Or, compte tenu du contexte politique et de notre rôle d’empêcheur de tourner en rond, inutile d’attendre quoi que ce soit des élus du département ! Quant aux communes qui aident parfois les associations locales, elles nous refusent tout soutien sous prétexte que nous travaillons à l’échelle du département… Nous vivons dans une démocratie purement formelle. C’est l’État qui devrait donner aux associations un minimum de moyens d’exister. Le contre-pouvoir que nous représentons est utile à la collectivité, car il permet d’arrêter de graves erreurs. Il n’est pas normal que nous n’ayons même pas les moyens d’avoir un secrétariat.
Quel est votre rôle, exactement ?
Entretenir un lien entre les associations, être l’interlocuteur des porteurs de projet, des collectivités ou de l’administration, participer aux réunions avec les différents acteurs, organiser des actions de terrain, apporter des conseils d’ordre juridique, … Les missions ne manquent pas ! L’action associative est un processus lent qui exige une implication de fond ; actuellement, nos associations adhérentes ont engagé pas moins de 28 recours auprès des tribunaux administratifs. Nous avons pu nous joindre à quatre ou cinq de ces recours, mais pas davantage en raison du travail que cela représente. Du reste, les quatre premiers jugements qui ont été rendus sur les 28 affaires en cours sont des victoires.
Quelles difficultés rencontrez-vous pour maintenir la mobilisation ?
Les hommes s’usent. L’appareil auquel nous nous heurtons, non. On a connu le cas d’un couple qui avait engagé une action associative contre un projet industriel. Ils ont lutté pendant des années, jusqu’au moment où ils ont préféré vendre et partir. Il faudrait une plus ample prise de conscience du public pour que les associations puissent renouveler leurs forces. Or, on lutte souvent seul, et les combats traînent sur de nombreuses années. Même au sein du GADEL, nos adhérents, qui sont pourtant des associations, ont parfois l’impression qu’on les oublie parce qu’il ne se passe pas grand-chose. La seule façon de remédier à l’usure serait de disposer de moyens financiers qui permettraient d’embaucher pour mieux se concentrer sur les actions en cours, et améliorer le suivi de celles qui sont en veille. Ces moyens pourraient pallier en partie le manque de prise de conscience et de mobilisation. Il faut être lucide : les gens, en règle générale, résistent peu.
Quelle est la principale limite à votre action ?
L’absence de solidarité. On a constaté que, pour la THT, les maires de la vallée de Cahors n’ont pas suivi les maires des plateaux parce qu’ils ne s’estimaient pas concernés. Or, dès l’instant où ces maires ont été visés par un projet de déchetterie, on les a vus accourir pour se joindre aux actions ! Cela en était caricatural ! Le monde associatif manque lui-même d’ouverture. Souvent, les militants ont le nez collé à des problèmes locaux, alors que la clé de leurs difficultés se trouve beaucoup plus loin. Pour les associations rurales, convaincre les maires est en général facile, car les maires sont proches des gens. Dès que l’on passe à l’échelle de conseil général, ce n’est plus pareil. Il existe un hiatus profond entre les élus et la population. Ce hiatus s’approfondit encore à mesure que l’on remonte la pyramide du pouvoir. Aujourd’hui, très peu de gens ont conscience de ce qui se décide à l’échelle supranationale, et que c’est aussi à ce niveau qu’il faut se battre. Avec l’accord multilatéral sur les investissements (AMI), par exemple, n’importe quel investisseur pourrait faire ce qu’il veut sur n’importe quel territoire, les États étant ni plus ni moins dépossédés de leur souveraineté.