Film documentaire


Ellesmere, l'Emprise des glaces

Projet de documentaire sur Octave Pavy

Images d'Ellesmere

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Ellesmere, l'Emprise des glaces

Ce documentaire est désormais disponible en DVD
Pour vous le procurer, veuillez me contacter ou contacter Transboréal

 

En 1999, Emeric Fisset et moi-même avons tenté d'atteindre le Groenland en kayak de mer à partir de la Terre d'Ellesmere. A cette occasion, nous souhaitions nous arrêter sur le site où échoua l'expédition Greely à l'automne 1983, sur la rive ouest du détroit de Smith, et y déposer une plaque en hommage à un explorateur français injustement oublié: Octave Pavy. Les glaces issues de l'océan polaires, particulièrement abondantes cet été là, nous interdirent d'atteindre notre objectif, et nous dûmes faire demi-tour pour nous rabattre sur Grise Fiord, l'unique village de cette île vaste comme la moitié de la France.

« Vis où tu peux, meurs où tu dois »

Octave Pavy ( 1844-1884 )

Héros français de l’exploration polaire

Après s’être voué avec un courage exemplaire au soin
et au réconfort de ses camarades affamés, ce médecin
de l’expédition Greely succomba ici même avec dix-sept d’entre eux.

Nous sommes revenus à Paris avec la plaque commémorative que nous devions déposer, mais aussi avec neuf heures de prises de vues. Les conditions du tournage furent pour le moins scabreuses, la météo comme les glaces ou encore les ours ne nous laissant guère de répit, et réaliser des images était une lourde contrainte quand notre premier souci était de nous en sortir sans accident ! Enfin, nous y sommes parvenus, et le documentaire "Ellesmere, l'Emprise des glaces" a vu le jour, après un an de montage...

Bien que n'ayant bénéficié que d'une seule diffusion télévisuelle, ce documentaire de 52 minutes mêlant l'aventure d'une expédition en kayak de mer à l'histoire dramatique d'un explorateur oublié, n'a jamais laissé le public indifférent. Sollicité par de nombreux festivals partout en France, "L'Emprise des glaces" continue aujourd'hui d'apparaître au programme de différentes manifestations. Ce film montre qu'il est possible, même avec les moyens aussi limités que ceux dont nous disposions, de rapporter un témoignage de valeur à la fois sur les territoires les plus isolés du monde, sur l'histoire de l'exploration et sur une expérience humaine comme celle qui fut la nôtre.

Le 29 décembre 2004, "L'Emprise des glaces" a été projeté sur grand écran dans la salle des fêtes de Dieulefit dans la Drôme, à l'occasion des festivités organisées par l'association A pas de loup. J'ai une nouvelle fois été frappé par le silence qui régnait dans la salle au cours de la projection. Le public, composé d'une centaine de personnes, était hautement attentif, et ce jusqu'à ce que la dernière note du générique de fin sur écran noir. Etait-ce la poignante sobriété des mélodies de Faton Cahen, la poésie des textes, la beauté d'outre espace de ces terres parmi les plus sauvages et pures de la planète ? Un peu de tout cela, sans doute, et j'ai beau avoir vu moi-même ce film des dizaines de fois, il contient des moments de grâce dont je ne me lasse jamais...

Quelques témoignages de spectateurs:

" J'ai été frappée par l'authenticité de l'expérience, on voit que vous ne faites pas cela pour l'exploit ou pour un sponsor. Ne pas avoir atteint votre objectif ajoute à la force du propos."  - Annie

" Plus encore que les images, c'est la profondeur et la poésie des textes qui m'a frappé. Rarement un documentaire m'a autant transporté." - Frédéric

" Malgré les difficultés que le film montre très bien, vous avez rapporté des images apaisantes et magnifiques. Il vous a fallu pour cela beaucoup d'amour et d'abnégation." - Marie-Thérèse

" Les plans, les textes, la musique, tout concourt à une même harmonie, à un même sentiment d'irréalité." - Denis

" Un mélange de terreur et de paradis." - Clara

Pour mieux comprendre les enjeux et dangers liés à la dérive des glaces dans la zone de Fort Conger et du détroit de Smith, rendez-vous à la page des photos prises par la Nasa. Les vues, auxquelles j'apporte mes commentaires, sont d'une précision étonnante !


Ellesmere, l'Emprise des glaces

Film Digital Vidéo couleur de 52 mn
Disponible à la vente en format DVD

Écriture et réalisation : Emmanuel Hussenet / Émeric Fisset
Postproduction : Yannick Michelat

Thème :

• À l’été 1999, les auteurs ont exploré en kayak de mer et durant deux mois la terre d’Ellesmere, dans le haut Arctique canadien, en vue d’honorer la mémoire d’Octave Pavy, médecin français mort en 1884 à l’issue de la catastrophique expédition américaine menée par le lieutenant Adolphus W. Greely.

Construction :

• Bâti autour de quatre séquences historiques constituées d’images de gravures et de trois séquences esthétisantes de paysages arctiques, le film relate la pérégrination des deux aventuriers en proie à l’isolement et à la précarité qu’a engendrés pour eux l’imprévisible dérive des glaces de l’océan Glacial. L’un et l’autre, par leur commentaire en alternance, en viennent ainsi à mieux comprendre les émotions et la tragédie que le héros qu’ils voulaient commémorer a connues.

Montage :

• Station numérique DV Rex M1 (Canopus), montage avec Rex Edit et les logiciels Premiere 5.1 (Adobe), Boris FX (Artel Soft) et Sound Forge (Sonic Foundry).
 

Médias :

• Musique originale de Faton Cahen ;

• chant a capella de la soprane Cécile Bonnet ;

• gravures du manuscrit Dans les glaces arctiques, d’A. W. Greely ;

• cartes animées.

Sortie :

Avant-première le 19 novembre 2000, dans le cadre du festival du film d’aventure de Bailly (Yvelines)

Présentations dans le cadre de festivals à Paris, Bordeaux, Carpentras, Dieulefit, Issy-les-Moulineaux, Paimpol, Prémanon, Saint-Dié-des-Vosges, Saint-Malo, Saint-Etienne, Val-d’Isère...

 

Projet de documentaire sur Octave Pavy

Un film documentaire retraçant la vie tourmentée et romantique d'Octave Pavy, de sa jeunesse dans la Louisiane des grandes plantations à la banquise où il disparût, est actuellement en préparation avec le concourt d'un réalisateur canadien.

En plus de l'extrait présenté ici, le dossier film contient des notes d'intention, des indications de réalisation, des indications de traitement, un séquencier détaillé et des annexes. Ces éléments sont accessibles sur demande spécifique.

 

Octave Pavy

       Un Français à la conquête du Pôle –

Éléments biographiques

 

            Octave Pavy, fils d’un homme d’affaire français qui a fait fortune dans le négoce de la canne à sucre, est né à la Nouvelle Orléans le 22 juin 1844. Un environnement particulièrement favorable permet à l’enfant de développer son goût de la découverte et sa confiance en lui-même. Ne se sent-il pas déjà à l’étroit dans cette Louisiane opulente où tout lui est donné et où son destin semble tracé d’avance ?

            1861, la guerre de sécession éclate, Joseph Pavy décide de conduire sa famille à l’abri en France, à Paris. Là, le jeune Octave, alors âgé de 17 ans, intègre le lycée Henry IV, où il se montre particulièrement brillant. Son goût pour le voyage, l’art et les sciences, le conduira tour à tour à naviguer à travers l’Atlantique, à parcourir l’Europe, à apprendre des milliers de vers par cœur, à poser pour ses amis peintres et sculpteurs, puis à s’inscrire en Faculté de médecine où il devient le meilleur élève du célèbre chirurgien Alfred Velpeau. À maintes reprises il se rend dans les Alpes où il s’intéresse à la glaciologie et à l’histoire naturelle. La vie de salon absorbe aussi son temps. Distingué et fin diseur, vêtu de noir, il fréquente les foyers de théâtre et les bals à la mode où son originalité étonne et séduit.

            La révélation lui vient deux ou trois ans avant la guerre Franco-Prussienne. Hydrographe et navigateur, Gustave Lambert revient du Détroit de Béhring où il a tenté de rejoindre ce qu’il imagine être la mer libre du pôle. Pour Octave Pavy qui assistait à l’une de ses conférences, c’est le coup de foudre. Le brillant causeur fait un sort à ses aventures mondaines, il abandonne ses études de médecine et s’associe à Gustave Lambert pour mettre en place une nouvelle expédition. Octave, « doué d’une imagination facile à s’enthousiasmer, écrit un de ses amis, surexcité par ses lectures, par le souvenir des épreuves que son père avait supportées, rêva de grandes entreprises, de voyages, de découvertes. Il a toujours le désir de plaire, de briller ». Le pôle Nord devient son idée fixe. Comme l’aiguille aimantée de la boussole, jusqu’à la mort il lui restera fidèle.

            L’expédition Lambert-Pavy sera sans lendemain. Le navire est acquis, mais il reste à trouver quelques centaines de milliers de francs lorsqu’en 1870 la guerre éclate. Octave Pavy prend la tête d’un corps franc, « La Guérilla Noire » dont la fière devise est : «Vis où tu peux, meurs où tu dois. » Mais à Paris, le 19 janvier 1871, Gustave Lambert est tué au cours de l’assaut de Buzenval. Après la défaite, la France a d’autres soucis que celui de conquérir des arpents de glace. 

            Octave Pavy ne désarme pas, et file aux États-Unis où il pense avoir de meilleures chances d’obtenir des fonds pour organiser, au départ de San Francisco, une prochaine expédition arctique qu’il baptise « Expédition Pavy au pôle Nord ». Il imagine un radeau en caoutchouc capable de transporter chiens et matériel sur les zones d’eau libre. L’académie des sciences de sa ville natale, New Orleans, le présente comme « un homme de culture littéraire et scientifique distinguée, d’une belle audace et d’une grande valeur personnelle » on le dit « taillé dans le roc, avec une connaissance de la navigation obtenue en haute mer et un zèle que les rigueurs de l’Arctique ne sauraient entamer ». Plusieurs sociétés de géographie le soutiennent. Or, la veille du départ, le dépositaire des fonds se brûle la cervelle.

            Arrivent les heures sombres. Pavy est ruiné. Pour gagner sa vie, il donne des leçons de français puis devient pêcheur, jusqu’au jour où un pasteur qui l’avait engagé pour une promenade en bateau s’intéresse à lui et l’aide à reprendre ses études de médecine à St Louis dans le Missouri. C’est là qu’il rencontre mademoiselle Lilla May qui deviendra son épouse.

            Malmené par le sort, Octave Pavy garde, durant cinq années, un silence obstiné. En juillet 1877, enfin, son frère Alfred reçoit de lui cette lettre : 

            « Aussi longtemps que le ciel a été noir et l’avenir incertain, je me suis tu ; aujourd’hui, je veux savoir retourner en arrière, vivre, parler avec ceux pour qui j’ai encore une place dans le cœur, quelque dur qu’il ait pu devenir. Depuis que nous nous sommes vus, que de hauts et de bas, que de changements de fortune ! Mais enfin depuis quelque temps je tiens ma veine, et, si elle continue, je pourrai réaliser ce projet de dix ans d’incubation que les heures les plus noires (Dieu sait si j’en ai eues !) n’ont su déraciner. »

            L’homme est plus que jamais déterminé à inscrire son nom dans le grand livre de l’histoire. Il connaît tout de l’exploration polaire et suit de près les expéditions en cours. Son érudition et sa force de conviction lui permettent de regagner la confiance des dignitaires des sociétés de géographie américaines, où on lui propose d’accompagner la prochaine expédition de Gulnare en été 1880. Mais le navire a des avaries et ne peut poursuivre sa route vers le détroit de Smith. Il fait demi-tour en baie de Disko, au Groenland, où Octave Pavy décide de rester en attendant d’intégrer la prochaine expédition l’année suivante. Durant un an il va donc étudier la faune, la flore, et partager la vie quotidienne des esquimaux dont il apprendra la langue. Il accompagnera également l’inspecteur royal du Groenland pour le Danemark dans ses tournées officielles. Les longues courses en traîneau et la psychologie des chiens n’ont plus de secret pour lui.

            C’est à Disko que viendra le joindre l’acceptation de sa demande d’intégration comme chirurgien de la mission commandée par le lieutenant Greely. L’occasion est pour lui inespérée d’approcher l’océan glacial arctique et de vérifier sa thèse d’une mer libre de glaces. La solide cabane qui sera construite en Baie de la Découverte, site à l’extrémité nord de la Terre d’Ellesmere, sera le camp de base idéal de ses futures tentatives pour atteindre le Pôle. L’Histoire le placerait-il enfin face à son destin ?

 

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